Martine Aubry corrige le tir après notre déclaration, sans toutefois apporter des explications convainquantes ou des excuses pour ses propos clairement déplacés !…
France Soir 02/09/11
DSK : Aubry lui réaffirme son soutien
Deux jours après avoir semblé lâcher Dominique Strauss-Kahn, Martine Aubry a corrigé le tir mercredi. Dans une explication plutôt confuse.
Martine Aubry avait tâclé DSK sur le plateau de Canal + SIPA
Une petite phrase, lâchée au cœur d’un maelström d’explications embarrassées, a mis le feu à sa communication. Interpellée mardi soir, sur le plateau du Grand Journal de Canal+, sur son soutien inconditionnel à « son ami » DSK dans l’affaire Diallo, Martine Aubry a d’abord tenté de s’abriter derrière « la présomption d’innocence », avant de glisser : « Je pense la même chose que beaucoup de femmes sur l’attitude de Dominique Strauss-Kahn vis-à-vis d’elles. » Tollé chez les strauss-kahniens. La maire de Lille, qui découvre la dépêche en sortant de l’émission, décroche son téléphone. Contrainte de jouer les pompiers, elle tente de les rassurer. Non, elle n’a pas voulu lâcher DSK. Oui, elle a été maladroite.
“Je l’ai accompagné, moi, sans hésitation…”
Alors que « le cas Strauss-Kahn » menace de polluer sa campagne, Aubry a sorti hier, en marge d’un déplacement sur l’éducation à Amiens, sa lance à incendie. Attaquée par Ségolène Royal, qui l’accuse sans la nommer de « changer d’avis en fonction des opportunités politiques ou de telle ou telle clientèle électorale », elle affirme n’avoir jamais dévié de sa ligne : « J’ai pris la position que j’ai prise sur DSK depuis le début. J’ai dit à plusieurs reprises qu’il y avait deux choses : le comportement d’un homme sur lequel chacun pouvait avoir un avis, et une décision de justice. Je l’ai accompagné, moi, sans hésitation, parce que j’avais la conviction qu’il n’était pas coupable de ce qu’on lui reprochait, et aussi par amitié. »
Cette explication suffira-t-elle à calmer la tempête ? Pas sûr : les Jeunes avec DSK, qui n’ont pas encore choisi leur candidat pour la primaire, l’appellent à « présenter des excuses » et la mettent en garde, affirmant qu’ils « tireront toutes les conséquences de cette faute politique majeure si elle n’est pas rapidement corrigée ».
Au-delà des tensions internes, cet épisode est révélateur de la confusion ambiante et de la difficulté du PS à gérer le retour de DSK à Paris, prévu dimanche. Sa voix est-elle un atout ou un handicap dans la campagne ? « C’est impossible à évaluer, estime un proche d’Aubry. Depuis le début de l’affaire, on n’a jamais su mesurer son impact sur l’opinion publique. »
Par GAËTANE MORIN
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